Dans des milliers d'entreprises artisanales, de commerces et de cabinets libéraux, le conjoint donne un coup de main, souvent sans être payé. La loi impose de lui donner un statut. Pour beaucoup de vos clients, le statut choisi il y a des années s'arrête le 31 décembre 2026. Voici de quoi les aider à faire le bon choix.
Sont concernés tous vos clients dirigeants dont le conjoint, marié, pacsé ou concubin, participe régulièrement à l'activité de l'entreprise : accueil des clients, caisse, devis, comptabilité, commandes.
Ce n'est pas le nombre d'heures qui compte, c'est la régularité. Le conjoint doit avoir un statut, et c'est au chef d'entreprise de le déclarer, à la création de l'entreprise ou dès que son conjoint commence à y participer.
Le réflexe conseil : si le conjoint d'un client participe régulièrement à l'activité, vérifiez qu'un statut a bien été déclaré.
Un conjoint qui travaille sans statut expose le couple à deux problèmes :
Résultat : des relevés de carrière avec des années vides, parfois des décennies. Ces trous pèsent sur la retraite jusqu'à la fin de la vie.
Depuis le 1er janvier 2022, le statut de conjoint collaborateur ne peut plus être conservé plus de 5 ans sur l'ensemble de la carrière, en une ou plusieurs fois. Concrètement, pour vos clients :
Si rien n'est fait, le conjoint qui continue de travailler dans l'entreprise est considéré comme conjoint salarié. L'entreprise doit alors lui verser un salaire et payer les cotisations correspondantes, sans l'avoir anticipé.
Fin 2024, 24 145 personnes avaient le statut de conjoint collaborateur, selon une réponse ministérielle au Sénat d'avril 2026.
Le réflexe conseil : repérez dans votre portefeuille les clients dont le conjoint est conjoint collaborateur, et identifiez ceux dont le statut a débuté avant 2022.
Le conjoint a un contrat de travail et un salaire au moins égal au SMIC, au prorata des heures. Il bénéficie de toute la protection d'un salarié : retraite, indemnités en cas d'arrêt, prévoyance et mutuelle de l'entreprise. C'est le statut le plus protecteur, et le plus coûteux pour l'entreprise. Pour l'assurance chômage, France Travail vérifie l'existence d'un vrai lien de subordination.
Le conjoint détient des parts de la société et y travaille. Il est salarié ou travailleur non salarié selon sa fonction et la répartition du capital. Il dispose d'un droit de vote et d'une part des bénéfices.
Le conjoint travaille régulièrement dans l'entreprise, sans être rémunéré ni associé. Il cotise sur une assiette choisie par le couple, ce qui lui ouvre des droits à la retraite, à l'invalidité et en cas de décès. Les cotisations sont nettement moins élevées que celles du dirigeant. Ce statut existe en entreprise individuelle, ou en SARL ou SELARL dont le dirigeant est gérant associé majoritaire.
Dans une SARL, le conjoint peut être nommé gérant aux côtés du dirigeant, sans être nécessairement associé. Sa rémunération est fixée librement. Si les gérants détiennent ensemble plus de la moitié des parts (en comptant celles du conjoint et des enfants mineurs), le conjoint est TNS et cotise comme le dirigeant. Il partage les pouvoirs et la responsabilité du gérant. Ce statut n'existe pas en entreprise individuelle. En SAS, l'équivalent est la nomination comme directeur général, avec un statut proche de celui d'un salarié mais sans assurance chômage.
Le conjoint travaille dans une SARL dont le dirigeant est gérant majoritaire. Montants annuels, barèmes 2026 (plafond de la Sécurité sociale 48 060 €, SMIC 12,02 €/h), SARL de moins de 11 salariés, activité commerciale, hors mutuelle et prévoyance, arrondis à 100 €. Ces chiffres sont indicatifs.
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Salarié |
Conjoint collab. (1/3 du plafond) |
Conjoint collab. (30 000 € d'assiette) |
Co-gérant (30 000 € nets) |
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|---|---|---|---|---|
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Assiette de cotisation retraite |
30 000 € |
16 000 € |
30 000 € |
33 200 € |
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Coût pour l'entreprise |
35 200 € |
4 400 € |
8 200 € |
44 900 € |
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Revenu net du conjoint |
23 700 € |
0 € |
0 € |
30 000 € |
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Trimestres validés |
4 |
4 |
4 |
4 |
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Indemnités en cas d'arrêt |
Oui |
Non |
Non |
Oui |
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Assurance chômage |
Sous conditions |
Non |
Non |
Non |
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Durée |
Illimitée |
5 ans max. |
5 ans max. |
Illimitée |
Ce qu'il faut retenir pour votre client :
Il n'y a pas de bon statut dans l'absolu.
Dirigeants : les leviers de rémunération et le statut du conjoint
« Nous sommes en concubinage. Est-ce possible ? » Oui. Depuis 2022, les trois statuts sont ouverts aux concubins, comme aux époux et aux partenaires de Pacs.
« Mon conjoint est conjoint collaborateur depuis 2023. Est-il concerné par le 31 décembre ? » Pas encore. Son statut s'arrêtera en 2028, cinq ans après son début. Mais c'est le bon moment pour préparer la suite.
« Est-ce que je perds les droits déjà acquis ? » Non. Les trimestres et les points acquis comme conjoint collaborateur restent acquis.
« Mon conjoint est en SAS. Peut-il être conjoint collaborateur ? » Non. Le statut n'existe que dans les entreprises individuelles et les SARL ou SELARL à gérance majoritaire.
Sources : article 24 de la LFSS pour 2022 ; article L121-4 du Code de commerce ; Urssaf, communiqué du 31 août 2026 ; réponse ministérielle n° 04931, JO Sénat du 16 avril 2026 ; barèmes 2026. Ne remplace pas une étude personnalisée.