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Salariés

Affiliation

L’affiliation rattache une personne à la Sécurité sociale pour ouvrir ses droits.

Cotisations

Les cotisations financent la protection sociale et ouvrent des droits (santé, retraite, etc.).

Droits durant la vie

La protection sociale couvre les aléas de la vie et permet d’acquérir des droits à la retraite.

Droits en cas de décès

Des dispositifs protègent les proches : capital décès, rentes et pension de réversion.

Affiliation

L'immatriculation des personnes nées en France s'effectue dès la naissance par l'attribution d'un numéro de Sécurité sociale, un code alphanumérique d'identification unique formé de 13 caractères, aussi appelé numéro d'inscription au répertoire national d'identification des personnes physiques (NIR). Pour les personnes nées à l’étranger, l’immatriculation a lieu à l’occasion d’une démarche effectuée par la personne elle-même ou par son employeur.

Lors de son embauche, le salarié communique à son employeur son numéro de Sécurité sociale. Il est nécessaire à l'entreprise pour établir une Déclaration préalable à l'embauche (DPAE). Cette démarche permet d'effectuer plusieurs formalités obligatoires auprès de l'URSSAF notamment l'affiliation du salarié auprès de la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM). L’affiliation prend effet à la date où les conditions d’assujettissement sont réunies et dans l'organisme du lieu de résidence de l'assuré.

L'affilation au régime des allocations familiales

L’URSSAF est l'organisme compétent chargé de recouvrer les cotisations d’allocations familiales dues par les employeurs.

Les prestations sont versées par la Caisse d’Allocations Familiales (CAF) aux assurés qui en remplissent les conditions et qui sont inscrits à la CAF de leur lieu de résidence.

L'affilation au régime d’assurance maladie et maternité

L’URSSAF collecte les cotisations d'assurance maladie et maternité versées par l'employeur.

Les prestations maladie et maternité (remboursements santé, remboursements des consultations médicales, indemnités journalières materité, etc.) sont versées aux salariés par la CPAM.

L'affilation au régime de retraite de base et de prévoyance

L’URSSAF collecte les cotisations de vieillesse de base et de prévoyance versées par l'employeur.

Le versement des pensions aux anciens salariés s'effectue via la Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail (CARSAT).

Les cotisations sociales

Prélevées sur le salaire brut, les cotisations sociales sont dues à la fois par l'employeur, le salarié ou les deux. C'est l'employeur qui déclare et verse les cotisations salariales et patronales aux organismes de recouvrement.

La cotisation sociale est déterminée selon un taux appliqué à une assiette.

Les taux de cotisations sociales sont fixés par décret ; ils sont différents suivant la nature des risques couverts (maladie, retraite, prévoyance, etc.). Ils s’appliquent à toutes les catégories de salariés et à toutes les entreprises.

 

La maladie, la maternité et la prévoyance
Cotisations Taux global Employeur Salarié Assiette
Maladie-maternité, invalidité, (rémunération < ou = 2,3 SMIC)  7 % 7 % X Totalité du salaire
Maladie-maternité, invalidité, (rémunération > 2,3 SMIC)  13 % 13 % X Totalité du salaire
 Contribution solidarité autonome (CSA)   0,30 %   0,30 %   X   Totalité du salaire 
 Décès   1.5 %   1.5 %   X    Part du salaire inférieure à 3 925 € (1 PMSS)
Allocations familiales 5.25 ou 3.45 %  5.25 ou 3.45 %   X     Totalité du salaire  
* Pour les employeurs éligibles à la réduction générale, le taux de la cotisation patronale « allocations familiales » est fixé à 3,45 % au titre de leurs salariés dont la rémunération n’excède pas 3,3 fois le montant du SMIC calculé sur un an. Dans les autres cas, le taux de la cotisation allocations familiales reste fixé à 5,25 %.
La retraite
Cotisations Taux global Employeur Salarié Assiette
Assurance vieillesse 15,45 % 8,55 % 6,90 % Salaire jusqu’à 3 925 € par mois (1 PMSS)
 Assurance vieillesse  2,42 % 2.02 %  0,40 % Totalité du salaire
 Retraite AGIRC/ARRCO T1 7,87 % 4,72 % 3,15 % Jusqu’à 3 925 € par mois (1 PMSS)
 Contribution d'équilibre générale (CEG) T1 2,15 %   1,29 %   0,86 %  Jusqu’à 3 925 € par mois (1 PMSS)
 Retraite AGIRC/ARRCO T2 21,59 % 12,95 %  8,64 %  Salaire entre 3 925 € et 31 400 € par mois (1 PMSS à 8 PMSS)
CEG T2 2,70 % 1,62 % 1,08 % Salaire entre 3 925 € et 31 400 € par mois (1 PMSS à 8 PMSS)
Contribution d'équilibre technique (CET)     0,35 % 0,21 % 0,14 % Totalité du salaire
APEC 0,06%  0,036 % 0,024 % Jusqu'à 15 700 € (4 PMSS)
Les taxes diverses
Cotisations Taux global Employeur Salarié Assiette
Contribution sociale généralisée (CSG)   9,2 % (6,80 % de CSG déductible et 2,40 % de CSG non-déductible)   X   9,2 %   Gain total après déduction de 1,75 % pour frais professionnels. 
Contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS)   0,50 %   X   0,50 % 
 Chômage   4,00 %  4,05 %   X   Jusqu’à 15 700 € par mois (4 PMSS). 
 Aide au logement (50 salariés)   0,10 %   0,10 %    X   Jusqu’à 3 925 € par mois (1 PMSS)
 Aide au logement (50 salariés)   0,5 %   0,5 %   X   Totalité du salaire 
 Accidents du travail   Taux variable selon l’entreprise 
 AGS   0,25 % (0,03 % pour les entreprises de travail temporaire)   0,15 %   X   Jusqu’à 15 700 € par mois (4 PMSS). 
 Taxe sur salaire   4,25 %   4,25 %   X    Totalité du salaire  
 Contribution "effort de construction" Entreprise d’au moins 50 salariés   0,45 %   0,45 %   X   Totalité du salaire 
 Taxe Apprentissage   0,68 %   0,68 %
(0,44% en Alsace-Moselle) 
 X   Masse salariale brute 
 Contribution Formation Entreprise (Entreprise de 11 salariés et plus)   1 %   1 %   X   Masse salariale brute 
 Contribution Formation Entreprise (Entreprise de moins de 11 salariés)   0,55 %   0,55 %   X   Masse salariale brute 

Les droits durant la vie

La prévoyance

Ouverture des droits aux indemnités journalières en cas d'arrêt de travail :

En cas d'arrêt de travail pour accident ou maladie (non professionnel(le)), l'Assurance maladie verse, pendant une durée déterminée, des indemnités journalières (IJ), après un délai de carence de 3 jours. Le versement des IJ est soumis à conditions.

Arrêt de travail inférieur à 6 mois.

Le salarié doit justifier au jour de l'interruption de travail.

  • Avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois civils ou des 90 jours précédant l'arrêt ;
  • Ou avoir cotisé, au cours des 6 mois civils précédant l'arrêt, sur la base d'une rémunération au moins égale à 1 015 fois le montant du Smic horaire fixé au début de cette période.

 

Soit 11,88 € × 1 015 = 12 058,20 €

Arrêt de travail supérieur à 6 mois.

Pour percevoir une indemnisation au delà de 6 mois, les conditions suivantes doivent être réunies.

  • À la date d'interruption de travail, le salarié doit justifier d'une affiliation à la Sécurité sociale depuis au moins 12 mois, et avoir travaillé au moins 600 heures au cours des 12 mois civils ou des 365 jours précédant l'arrêt ;
  • Ou avoir cotisé, pendant les 12 mois civils ou les 365 jours précédant l'arrêt, sur la base d'une rémunération au moins égale à 2 030 fois le montant du Smic horaire fixé au début de cette période.

 

 Soit 11,88 €  ×  2 030  =  24 116,40 €

 

Ouverture des droits aux indemnités journalières maternité :

Pour prétendre aux indemnités journalières maternité, l'assuré social doit remplir certaines conditions :

  • Justifier de 10 mois d'immatriculation à la Sécurité sociale à la date prévue de l'accouchement ;
  • Cesser toute activité professionnelle pendant 8 semaines minimum.

 

 Par ailleurs, la salariée doit également : 

  • Avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois civils ou des 90 jours précédant l'arrêt ;
  • Avoir cotisé, au cours des 6 mois civils précédant l'arrêt, sur la base d'une rémunération au moins égale à 1 015 fois le montant du Smic horaire fixé au début de cette période.

 

  Soit 11,88 € × 1 015 = 12 058,20 € 

 

Ouverture des droits aux indemnités journalières maternité : 

Le montant de l'indemnité journalière maladie correspond à 50 % du salaire journalier de base du salarié.

Pour un salarié, payé mensuellement, le salaire journalier de base est calculé ainsi :

Salaire journalier de base = sommes des 3 derniers salaires perçus avant l'arrêt / 91,25

L'IJ sera égale à 50 % de ce salaire journalier de base et plafonnée à 41,47 €/jour depuis le 1er avril 2025.

Pour rappel, un délai de carence de 3 jours s'applique au début de l'arrêt.

Depuis le 1er juillet 2020, les salariés ayant au minimum 3 enfants à charge ne peuvent plus bénéficier de la majoration qui portait le montant de l'IJ à 66,66 % du salaire journalier de base, à partir du 31ème jour d'arrêt.

A - L'incapacité permanente

Lorsqu'il a été reconnu invalide par le médecin conseil de la Sécurité sociale, le salarié peut percevoir une pension d'invalidité. Plusieurs conditions sont nécessaires pour bénéficier de cette prestation :

  • Ne pas avoir atteint l'âge légal de départ à la retraite ;
  • Avoir une capacité de travail ou de gain réduite d'au moins 2/3 ;
  • Justifier de 12 mois d'immatriculation en tant qu'assuré social auprès de l'Assurance maladie ;
  • Avoir travaillé au moins 600 heures au cours des 12 mois précédant l'interruption de travail ou la constatation de l'état d'invalidité ou avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 2 030 fois le montant du SMIC horaire (soit, 24 116,40 € en 2025).

 

 Le montant de la pension dépend de la catégorie d'invalidité du salarié ainsi que du salaire moyen des 10 meilleures années d'activité du salarié.

 Il existe 3 catégories de pensions d'invalidité : 

  • Invalidité de 1ère catégorie également appelée invalidité partielle ;
  • Invalidité de 2ème catégorie également appelée invalidité totale ;
  • Invalidité de 3ème catégorie : elle correspond à une invalidité totale à laquelle s'ajoute une majoration pour tierce personne.

 

B - L'invalidité partielle

L'invalidité partielle correspond à l'invalidité de 1ère catégorie.

Son montant est égal à 30 % du salaire annuel moyen de base des 10 meilleurs années.

Le montant de la pension d'invalidité de 1ère catégorie est encadré ainsi :

  • Montant minimum : 335,29 €/mois au 1er avril 2025 ;
  • Montant maximum : 1 177,50 €/mois au 1er avril 2025.

 

C - L'invalidité totale

L'invalidité totale correspond à une invalidité de 2ème catégorie.

Son montant est égal à 50 % du salaire annuel moyen de base des 10 meilleurs années.

Le montant de la pension d'invalidité de 2ème catégorie est encadré ainsi :

  • Montant minimum : 335,29 €/mois au1er avril 2025 ;
  • Montant maximum : 1 962,50 €/mois au1er avril 2025.

 

D - Le besoin d'une tierce personne

Lorsque l'assuré est en invalidité de 2ème catégorie et que son état nécessite l'intervention d'une tierce personne pour effectuer les actes de la vie courantes, on parle d'invalidité de 3ème catégorie.

Son montant est égal à 50 % du salaire annuel moyen de base des 10 meilleurs années, auquel s'ajoute une majoration pour tierce personne égale à 1 266,60 €/mois en 2025.

Le montant de la pension d'invalidité de 3ème catégorie est encadré ainsi :

  • Montant minimum : 1 623,13 €/mois (335,29+ 1 288,13) ;
  • Montant maximum : 3 250,63 €/mois (1 962,50 € + 1 288,13 €).

  

La retraite

 

A - Le régime de base

La retraite de base du régime général est gérée par la caisse nationale d'assurance vieillesse des travailleurs salariés (CNAVTS).

Pour le salarié, la détermination des droits à la retraite de base intervient au niveau de la Caisse d'assurance retraite et de la santé au travail (CARSAT) correspondant à son lieu de résidence.

Les CARSAT constituent les relais régionaux de la CNAVTS pour le calcul des droits et la liquidation des pensions des salariés.

 

Les paramètres de la retraite de base :

Le calcul de la retraite de base fait intervenir 3 paramètres :

  • Le salaire annuel moyen (SAM) équivalent à la moyenne des salaires des 25 meilleures années ;
  • Le nombre de trimestres acquis, aussi appelé durée d'assurance ;
  • Le taux de pension (ou taux de liquidation).

 

En fonction de son année de naissance, un assuré social se voit attribuer une durée d'assurance requise, c'est-à-dire un nombre de trimestres minimum à obtenir, afin de bénéficier d'un taux plein. La durée d'assurance requise varie entre 150 et 172 trimestres selon l'année de naissance de l'assuré. Dans le régime général, le taux plein est fixé à 50 %. 

 

Décote et surcote :

Lorsque le salarié part en retraite sans avoir atteint la durée d'assurance requise et qu'il n'a pas atteint l'âge de départ à taux plein automatique (également fixé par son année de naissance), son taux de pension est diminué. Autrement dit, sa pension subit une décote.

À l'inverse, si l'assuré acquiert plus de trimestres que ce que sa durée d'assurance requise prévoit, sa pension de retraite de base est majorée. Depuis janvier 2019, chaque trimestre supplémentaire à la durée d'assurance requise donne droit à une majoration de pension de 1,25 %.

 

Calcul d'une pension de retraite de base pour un salarié :

La formule de calcul est la suivante :

SAM × Taux de pension × Durée d'assurance / Durée d'assurance requise

 

 Âge d'ouverture des droits et durée d'assurance :

L'âge légal de départ en retraite est l'âge à partir duquel l'assuré peut procéder à la liquidation de ses droits à retraite. Il dépend de l'année de naissance de l'assuré et a été réhaussé à 64 ans pour les générations nées à partir de 1968 selon le calendrier suivant :

 

Générations  Age légal de départ à la retraite Age de départ à la retraite à taux plein Nombre de trimestres d'assurance requis pour le taux plein
1955 à 1957 62 ans  67 ans  166
1958 à 1960  62 ans    67 ans   167
1er janvier-31 août 1961      62 ans    67 ans    168
1er septembre-31 décembre 1961      62 ans et 3 mois    67 ans   169
1962  62 ans et 6 mois    67 ans   169
1963  62 ans et 9 mois     67 ans     170 
1964  63 ans     67 ans     171 
1965  63 ans et 3 mois     67 ans     172 
1966  63 ans et 6 mois     67 ans     172 
1967 63 ans et 9 mois    67 ans     172 
A partir de 1968      64 ans     67 ans     172 

 

 Majorations familiales de la pension de base :

Dans le régime général, différents types de majorations peuvent s'appliquer aux pensions de retraite de base.

Majorations de durée d'assurance pour enfant :

L'assuré peut acquérir des trimestres supplémentaires de majoration pour chaque enfant :

  • 4 trimestres au titre de la maternité ou de l'adoption ;
  • 4 trimestres au titre de l'éducation (hors congé parental d'éducation).

 

Si les trimestres supplémentaires au titre de la maternité sont toujours attribués à la mère biologique de l'enfant, les trimestres supplémentaires au titre de l'adoption et de l'éducation peuvent être attribués à l'un ou l'autre des parents. Ceux-ci sont accordés en raison de l'éducation dispensée pendant les 4 années suivants la naissance ou l'adoption : 

  • Les parents peuvent désigner, d'un commun accord, le bénéficiaire de cette majoration, ou la répartir entre eux, dans un délai de 6 mois à compter des 4 ans de l'enfant ou de l'adoption ;
  • En cas de désaccord, la majoration est attribuée au parent qui prouve avoir assumé à titre principal l'éducation de l'enfant pendant la période la plus longue. À défaut de preuve, elle est partagée par moitié ;
  • Si aucun choix n'est exprimé dans le délai imparti, la majoration est accordée en totalité à la mère.

 

 Toutefois une distinction existe entre les enfants nés ou adoptés avant le 1er janvier 2010 et ceux nés ou adoptés après le 1er janvier 2010 : 

  • Si l'enfant est né avant le 1er janvier 2010 : les majorations "naissance" et "éducation" sont attribuées par défaut à la mère, soit 8 trimestres. Si le père souhaite en bénéficier, il doit apporter la preuve qu'il a élevé seul son enfant pendant une ou plusieurs années au cours des 4 ans qui ont suivi la naissance ou l'adoption ;
  • Si l'enfant est né après le 1er janvier 2010, il y a application du nouveau dispositif.

 

Congé parental d'éducation :

Le parent qui a pris un congé parental d'éducation peut bénéficier d'une majoration du nombre de ses trimestres. Cette majoration, égale à la durée effective du congé, ne peut se cumuler avec les trimestres supplémentaires accordés au titre de la maternité et de l'éducation.

Troisième enfant :

À partir du 3ème enfant, une majoration de 10 % s'applique automatiquement à la pension de retraite de base.

 

B - Les situations particulières dans le régime de base

Lorsque l'assuré demande la liquidation de sa retraite de base avant l'âge automatique du taux plein (67 ans) sans totaliser la durée d'assurance requise, un coefficient de minoration - ou décote - de 1,25 % sera appliqué pour chaque trimestre manquant, ceci, dans la limite de 20 trimestres, soit 25 % du montant maximal.

Si l'assuré poursuit son activité tandis qu'il a atteint l'âge légal de départ à la retraite et qu'il totalise la durée d'assurance requise pour bénéficier d'une retraite de base à taux plein, il pourra bénéficier d'une surcote au moment de son départ en retraite, c'est-à-dire d'une majoration de 1,25 % par trimestre supplémentaire cotisé.

La loi du 14 avril 2023 portant réforme sur les retraites a également introduit une surcote parentale de 1,25 % par trimestre supplémentaire au profit des parents bénéficiant de majoration de durée d'assurance pour enfant et justifiant d'une carrière complète un an avant l'âge légal, soit à 63 ans au terme de la montée en charge de la réforme.

 

C - Le régime complémentaire

Les salariés du privé cotisent à titre obligatoire auprès de la caisse de retraite complémentaire AGIRC-ARRCO. Ce régime est issu de la fusion, au 1er janvier 2019, entre l'Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés (ARRCO) et l'Association générale des institutions de retraites des cadres (AGIRC), intervenue à la suite des accords interprofessionnels du 30 octobre 2015 et du 17 novembre 2017.

Pour bénéficier de sa retraite complémentaire, un salarié doit réunir les conditions suivantes :

  • Avoir cessé toute activité professionnelle ;
  • Remplir certaines conditions d'âge et de carrière.

 

Ce régime fonctionne selon un système à points, acquis tout au long de la carrière professionnelle du salarié sur la base des cotisations prélevées par son ou ses employeurs.

Calcul de la pension de retraite complémentaire :

La pension de retraite complémentaire du salarié correspond au nombre de points acquis dans le régime AGIRC-ARRCO multiplié par la valeur du point l'année de son départ en retraite.

Au 1er novembre 2024, la valeur du point AGIRC-ARRCO est de 1,4386 €.

 

Âge de départ :

Si les conditions ne sont pas remplies pour un départ à taux plein, la retraite complémentaire subira des coefficients d’anticipation qui sont déterminés en fonction de l’âge de l’assuré à la date de la demande de liquidation de la prestation.

Majorations pour les enfants :

Il existe deux majorations : une majoration pour enfants "nés ou élevés" et une majoration pour enfants à charge. Elles ne sont pas cumulables, c'est la majoration la plus favorable qui s'applique.

 

Les droits en cas de décès

Le capital décès

En cas de décès d'un salarié, les proches peuvent bénéficier d'un capital décès. Il est attribué sur demande et son montant est de

3 977 € au 01/04/2025.

Le bénéfice du capital décès est possible lorsque le salarié se trouvait, au cours des 3 mois précédant son décès, dans l'une des situations suivantes :

  • L'assuré exerçait une activité salarié

  • L'assuré percevait une indemnisation par Pôle emploi

  • L'assuré était titulaire d'une pension d'invalidité ou d'une rente d'accident de travail ou de maladie professionnelle correspondant à une incapacité d'au moins 66,66 %.

 

Par ailleurs, dans le cadre de l'entreprise, les salariés cadres bénéficient d'une garantie de prévoyance décès supplémentaire.

En effet, l'employeur a l'obligation de souscrire une assurance décès supplémentaire pour les cadres et assimilés de son entreprise. Ainsi, il verse une cotisation de 1,50 % dans la limite du plafond de la Sécurité sociale.

Si cette obligation n'est pas respectée, l'entreprise s'expose au risque de verser aux ayants-droit d'un cadre décédé une somme égale à 3 fois le Plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 3 × 47 100 € en 2025.

La rente conjoint

Aucune rente n’est servie

La pension d'orphelin

Depuis le 1er septembre 2023, l'orphelin d'assurés affiliés au régime général peut bénéficier d'une pension d'orphelin en cas de décès, de disparition, ou d'absence, de l'ensemble des personnes avec lesquelles ils entretiennent un lien de filiation. Il s'agit d'une nouveauté introduite par la réforme Borne de 2023.

Elle peut être allouée  au titre de chaque assuré décédé, disparu ou absent.

Le montant de la pension d'orphelin dans le régime général s'élève à 54 % de la pension de base dont bénéficiait, ou aurait bénéficié l'assuré décédé, absent, ou disparu. Il ne peut être inférieur à 100 euros bruts mensuel revalorisé chaque année en fonction de l'inflation.

Si l'assuré décédé n'a pas liquidé sa pension au régime de base, le montant de la pension servant de base au calcul de la pension d'orphelin sera déterminé selon les paramètres applicables à l'assuré décédé si la date de prise de sa pension était identique à celle de la pension d'orphelin. Soit, au moment où est versée la pension d'orphelin.

Si l'assuré décède avant l'âge du taux plein (67 ans), le montant de la pension sera calculé dans les mêmes conditions que la pension qui aurait été allouée au défunt au titre de l'inaptitude au travail, soit sur la base d'une pension à taux plein (50%).

La pension d'orphelin est due :

  • Jusqu'à l'âge de 21 ans

  • Ou, jusqu'à l'âge de 25 ans si les revenus d'activité annuels de l'orphelin n'excèdent pas 55 % du Smic mensuel en vigueur au 1er janvier de l'année

  • Sans limite d'âge, si l'orphelin justifie d'une incapacité permanente au moins égale à 80 % avant ses 21 ans à condition que ses revenus ne dépassent pas 55 % du Smic.

La protection sociale du conjoint : la réversion

A - Le régime de base
En cas de décès d'un assuré social, le conjoint ou l'ex-conjoint peut bénéficier d'une pension de réversion. Cette rente constitue une fraction de la pension de retraite que le défunt aurait perçue ou à laquelle il aurait pu prétendre.

Dans le régime général des salariés, le montant de la pension de réversion de base s’élève à 54 % de la pension de l’assuré décédé. Elle ne pourra être inférieure à 3 983,29 € par an ou supérieure à 13 343,62 € par an en 2025.

Pour en bénéficier certaines conditions sont requises :

  • Avoir été marié avec l'assuré décédé (le PACS et le concubinage sont exclus)

  • Le conjoint survivant doit avoir 55 ans ou plus

  • Les ressources annuelles brutes du conjoint survivant sont plafonnées à 24 710 € en 2025 pour une personne seule ou à 39 536,64 € pour un couple.

 

Lorsque la sommes des ressources et de la pension de réversion dépasse le plafond de ressources, la pension de réversion est réduite à hauteur du dépassement. Elle sera révisée, à la hausse ou à la baisse, en cas de variation de vos ressources. Toutefois, elle ne pourra plus être révisée 3 mois après la date d'effet de l'ensemble des retraites personnelles.

Majorations :
Âge du taux plein atteint (67 ans) :
Une majoration de 11.1% du montant de la pension de réversion est accordée au conjoint survivant qui a fait valoir tous ses droits à retraite et dont le total des retraites ne dépasse pas 2 993,14 €/trimestre.

Âge du taux plein non atteint :
Une majoration forfaitaire pour enfant à charge de 1112.58 € par mois et, par enfant, peut être accordée au conjoint survivant qui ne perçoit pas de retraite personnelle d'un régime de base obligatoire. Cette majoration est accordée à conditon de :

  • Ne pas percevoir de pension propre

  • Etre âgé de moins de 67 ans

  • Avoir un, ou plusieurs enfants à charge.

  • Enfin, la pension de réversion peut également être majorée de 10 % lorsque le conjoint a eu ou élevé au moins 3 enfants.

B - Le régime complémentaire
Comme dans le régime de base, le régime complementaire AGIRC-ARRCO verse une pension de réversion au conjoint survivant d'un salarié ou ancien salarié. Elle correspond à une fraction de la pension de retraite complémentaire du défunt.

Le montant de la réversion complémentaire est égal à 60 % de la pension complémentaire que percevait ou aurait due percevoir le défunt. Il n'est pas tenu compte des éventuels coefficients qui ont pu minorer la pension.

Pour en bénéficier, le conjoint survivant doit remplir des conditions qui diffèrent selon l'année du décès.

Décès intervenu avant le 1er janvier 2020 :

  • Être ou avoir été marié à la personne décédée

  • Avoir 55 ans au moins pour la pension de réversion ARRCO quand le décès du salarié ou du retraité est intervenu à partir du 1er juillet 1996

  • Avoir 60 ans au moins pour la pension de réversion AGIRC quand le décès du salarié ou du retraité cadre est intervenu à partir du 1er mars 1994. 

 

Décès intervenu après le 1er janvier 2020 :

  •  Avoir 55 ans au moins pour bénéficier de la pension de réversion AGIRC-ARRCO 


Les conditions d'âge s'annulent lorsque le conjoint survivant a 2 enfants à charge au moment du décès ou qu'il est en situation d'invalidité.

Enfin, le conjoint divorcé et remarié ne pourra pas prétendre à la réversion AGIRC-ARRCO de son ex-conjoint.

En revanche, la pension de réversion AGIRC-ARRCO n'est pas soumise à des conditions de ressources.

Majorations :

Les majorations pour enfants que percevaient ou auraient pu percevoir le salarié décédé sont susceptibles de s'appliquer à la pension de réversion.

Pour les décès intervenus après le 1er janvier 2019, les majorations de droits AGIRC-ARRCO sont réversibles au taux de 100 %.