Affiliation
L’affiliation rattache une personne à la Sécurité sociale pour ouvrir ses droits.
L’affiliation rattache une personne à la Sécurité sociale pour ouvrir ses droits.
Les cotisations financent la protection sociale et ouvrent des droits (santé, retraite, etc.).
La protection sociale couvre les aléas de la vie et permet d’acquérir des droits à la retraite.
Des dispositifs protègent les proches : capital décès, rentes et pension de réversion.
Les professionnels indépendants relevant du régime social agricole (Mutualité sociale agricole - MSA) sont les suivants :
L’affiliation à la MSA dépend du type d'activité exercée et de l'importance de cette activité déterminée par l'activité minimale d'assujettissement (AMA).
L'AMA est évaluée selon 3 critères non cumulatifs :
Dès que l’un de ses seuils d’activité minimale d’assujettissement (AMA) est atteint, l’intéressé est obligatoirement affilié en qualité de chef d’exploitation au régime des non-salariés agricoles.
Si l'AMA n'est pas atteinte, il reste possible de bénéficier de l'affiliation dérogatoire sous conditions.
En effet, dans l’hypothèse d’un dispositif d’installation provisoire, une affiliation au régime de protection sociale des non-salariés agricoles reste possible sur demande sous certaines conditions non cumulatives :
Au titre de leur protection sociale, l'ensemble des salariés et non-salariés agricoles, actifs et retraités ainsi que leurs ayants droit sont affiliés à un seul organisme de Sécurité sociale : la Mutualité sociale agricole.
En cas d'arrêt de travail pour maladie-maternité ou d'accident de la vie privée, peuvent bénéficier d'une indemnité journalière AMEXA les assurés suivants :
Les personnes rattachées à ce régime sont :
Les personnes relevant du régime de retraite des non-salariés agricoles sont :
Les cotisations sociales dues à la MSA sont calculées :
Dans le cas où les revenus professionnels ne sont pas connus, les cotisations sont calculées sur une assiette provisoire qui sera régularisée ultérieurement dès connaissance des revenus.
En cas de nouvelle installation, les cotisations et contributions sociales sont calculées provisoirement sur une assiette forfaitaire. Elles feront ensuite l'objet d'une régularisation.
Au titre de la maladie-maternité (AMEXA) les chefs d'exploitation ou d'entreprise agricoles exerçant leur activité à titre exclusif ou principal domiciliés fiscalement en France sont redevables d’une cotisation calculée à partir de leurs revenus professionnels.
A compter de la loi du 16 août 2022, le taux de cotisation d’assurance-maladie-maternité (AMEXA) fait l’objet d’une réduction dégressive en fonction des revenus professionnels d’activité. La cotisation a ainsi été supprimée pour les revenus professionnels jusqu’à 40% du PASS.
A ces cotisations s’ajoutent également :
Les cotisations dues pour l’aide familial et/ou l’associé d'exploitation correspondent à un pourcentage de la cotisation d'assurance maladie-maternité du chef d’exploitation :
Les conjoints reprenant l'exploitation ou l'entreprise agricole à la suite d'un divorce ou d'une séparation, peuvent bénéficier, sous certaines conditions, d'une réduction de 50 % des cotisations d'assurance maladie-maternité.
L’ATEXA est une assurance obligatoire gérée par la MSA qui protège les chefs d’exploitation contre les risques d’accident du travail et les maladies professionnelles et leurs conséquences.
Le montant de la cotisation ATEXA est fixé de manière forfaitaire chaque année en fonction de la catégorie de risques (entre 528,20 € et 560,38 €) pour 2025.
Pour les collaborateurs (aides familiaux et les associés d’exploitation), les cotisations sont calculées sur un pourcentage de celles dues par l’exploitant agricole :
Pour les collaborateurs à titre exclusif, la cotisation est égale à :
Pour les collaborateurs à titre secondaire, la cotisation est égale à :
| Cotisations d’accidents de travail et maladies professionnels en 2025 | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Statut | A | B | C | D | E |
| Chef d'exploitation ou d'entreprise agricole à titre principal | 528,20 € | 551,55 € | 515,55 € | 560,38 € | 560,38 € |
| Chef d'exploitation ou d'entreprise agricole à titre secondaire | 264,10 € | 275,52 € | 257,77 € | 280,19 € | 280,19 € |
| Collaborateur exclusif, conjoint collaborateur à titre principal, aide familial et associé d'exploitation | 203,25 € | 212,04 € | 198,38 € | 215,63 € | 215,63 € |
| Collaborateur à titre secondaire | 101,63 € | 106,02 € | 99,19 € | 107,82 € | 107,82 € |
Les exploitants agricoles et les membres de leur famille participant à l’exploitation cotisent à l’Assurance vieillesse pour leur retraite de base et complémentaire.
Il existe plusieurs cotisations :
La cotisation de retraite complémentaire obligatoire (RCO) ouvre les droits à la retraite complémentaire. Elle est calculée sur les revenus professionnels avec une base minimum de 1 820 SMIC par an (21 621,60 € en 2025, soit une cotisation minimale de 864,86 €) ou de 1 200 SMIC pour les membres de la famille concernés (14 256 € en 2025).
Le taux de la cotisation RCO s'élève à 4 % (4% × revenu professionnel total).
Le taux des cotisations allocations familiales applicable aux non-salariés agricoles varie en fonction du revenu d'activité non salarié. Dans le détail :
Un taux de 9,70 % est appliqué sur la totalité du revenu non salarié (déduction faite des revenus de remplacement qui ont subi un précompte de CSG-CRDS) + cotisations sociales obligatoires.
Indemnités journalières
En cas de maladie d'origine non professionnelle et tout accident de la vie privée, les chefs d'exploitation ou d'entreprise agricole à titre exclusif ou principal, les collaborateurs d'exploitation ou d'entreprise agricole, tous les aides familiaux (ou les associés d'exploitation) des chefs d'exploitation ou d'entreprise agricole affiliés à l'AMEXA peuvent bénéficier d’une indemnité journalière sous réserve du respect des modalités suivantes :
L'indemnité journalière est servie à partir du 4e jour d’arrêt de travail en cas de maladie ou d’accident de la vie privée et en cas d’hospitalisation (depuis le 7/02/2021) et dans la limite de 3 ans pour les arrêts supérieurs à 6 mois et de 360 jours sur une période de 3 ans pour les arrêts inférieurs à 6 mois.
A noter : le point de départ du délai se situe au 1er jour du premier arrêt de travail.
Son montant s’élève à compter du 1er avril 2025 :
Rente d’invalidité
En cas d'inaptitude totale ou d'incapacité partielle, les chefs d’exploitation ou d’entreprise agricole, les membres non-salariés de société d’exploitation agricole, les conjoints collaborateurs ou co-exploitants, etc., peuvent prétendre à une pension d'invalidité.
Pour bénéficier de la rente, il convient :
En cas d'invalidité partielle de l'exploitant agricole, ce dernier perçoit une pension égale à 30 % de son revenu professionnel moyen calculé sur les 3 meilleures années cotisées retenues parmi les 7 dernières années civiles précédant l’arrêt de travail suivi d’invalidité.
En 2025, le montant de la pension pour invalidité partielle ne peut être ni inférieur à 4 425,86 €/an, ni supérieur à 15 % du Plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), soit 7 065 € pour 2025.
Elle est égale à à 4 425,86 € pour les collaborateurs en invalidité partielle
Les associés et aides familiaux majeurs ont droit à 2/3 de la pension déterminée pour le chef d’exploitation contre 1/3 pour les aides familiaux mineurs avec un minimum de 4 112,62 €.
En cas d'invalidité totale, l'exploitant agricole perçoit une pension égale à 50 % de son revenu professionnel moyen calculé sur les 3 meilleures années cotisées retenues parmi les 7 dernières années civiles.
En 2025, le montant de la pension pour invalidité totale ne peut être ni inférieur à 7 845,84 €/an, ni supérieur à 25 % du PASS, soit 11 775 € (en 2025). Les collaborateurs en invalidité totale perçoivent une pension d'invalidité forfaitaire de 7 845,84 €/an en 2025.
La pension d’invalidité est majorée de 40 % lorsque la personne en invalidité ne peut plus effectuer les actes de la vie quotidienne (AVQ) et que son état nécessite le recours à une tierce personne (soit une majoration pour tierce personne égale à 10 984,17 € par an en 2025 au minimum pour le chef d’exploitation).
Cette pension est versée jusqu’aux 60 ans de l’assuré. L’assuré bénéficie alors des droits à la retraite, éventuellement revalorisés pour les porter au montant de la pension d’invalidité servie auparavant.
Un capital de 3 977 € (en 2025) peut être servi aux ayants-droits d’un exploitant agricole en cas de décès (maladie, accident relevant de la vie privée…)
Conditions d’ouverture
Les prestations ATEXA sont servies lorsque l’assuré est dans l’une des situations suivantes :
Les frais médicaux, chirurgicaux, pharmaceutiques et d'hôpital sont pris en charge à 100 % dans la limite du tarif de responsabilité (pas d'avance des frais).
Indemnisation
Les exploitants agricoles, conjoints collaborateurs ou associés d’exploitation en accident du travail, peuvent percevoir une indemnisation de la MSA.
Elle peut prendre la forme :
En cas de maladie professionnelle, l'indemnisation des exploitants agricoles, conjoints collaborateurs ou associés d’exploitation prend la forme :
La retraite de base des exploitants agricoles et de leur famille est composée :
| Droits acquis pour | Statut du cotisant |
|---|---|
| La retraite forfaitaire | chef d’exploitation ou d'entreprise agricole et membres de la famille lorsque l'activité non salariée agricole était exercée à titre exclusif ou principal |
| La retraite proportionnelle | chef d’exploitation ou d'entreprise agricole, aide familial agricole pour la carrière accomplie depuis le 1er janvier 1994 et collaborateur du chef d'exploitation ou d'entreprise agricole pour la carrière accomplie depuis le 1er janvier 1999 |
Âge d'ouverture des droits et durée d'assurance :
L'âge légal de départ en retraite est l'âge à partir duquel l'assuré peut procéder à la liquidation de ses droits à retraite. Il dépend de l'année de naissance de l'assuré et a été réhaussé à 64 ans pour les générations nées à partir de 1968 selon le calendrier suivant :
| Générations | Age légal de départ à la retraite | Age de départ à la retraite à taux plein | Nombre de trimestres d'assurance requis pour le taux plein |
|---|---|---|---|
| 1955 à 1957 | 62 ans | 67 ans | 166 |
| 1958 à 1960 | 62 ans | 67 ans | 167 |
| 1er janvier-31 août 1961 | 62 ans | 67 ans | 168 |
| 1er septembre-31 décembre 1961 | 62 ans et 3 mois | 67 ans | 169 |
| 1962 | 62 ans et 6 mois | 67 ans | 169 |
| 1963 | 62 ans et 9 mois | 67 ans | 170 |
| 1964 | 63 ans | 67 ans | 171 |
| 1965 | 63 ans et 3 mois | 67 ans | 172 |
| 1966 | 63 ans et 6 mois | 67 ans | 172 |
| 1967 | 63 ans et 9 mois | 67 ans | 172 |
| A partir de 1968 | 64 ans | 67 ans | 172 |
Lorsque l'assuré demande la liquidation de sa retraite de base avant l'âge automatique du taux plein (67 ans) sans totaliser la durée d'assurance requise, un coefficient de minoration - ou décote - de 1,25 % sera appliqué pour chaque trimestre manquant, ceci, dans la limite de 20 trimestres, soit 25 % du montant maximal.
Si l'assuré poursuit son activité tandis qu'il a atteint l'âge légal de départ à la retraite et qu'il totalise la durée d'assurance requise pour bénéficier d'une retraite de base à taux plein, il pourra bénéficier d'une surcote au moment de son départ en retraite, c'est-à-dire d'une majoration de 1,25 % par trimestre supplémentaire cotisé.
Spécificité parent
La loi du 14 avril 2023 portant réforme sur les retraites a également introduit une surcote parentale de 1,25 % par trimestre supplémentaire au profit des parents bénéficiant de majoration de durée d'assurance pour enfant et justifiant d'une carrière complète un an avant l'âge légal, soit à 63 ans au terme de la montée en charge de la réforme.
La retraite forfaitaire est la contrepartie de la cotisation d’Assurance Vieillesse Individuelle (AVI). Elle est attribuée aux non-salariés agricoles exerçant leur activité à titre exclusif ou principal.
Lorsque l’assuré ne remplit pas les conditions, le montant de la retraite forfaitaire est calculé avec un taux minoré et proportionnellement à la durée d’assurance accomplie dans le régime des non-salariés agricoles.
Sont retenus 4 trimestres maximum par année civile. La retraite forfaitaire se calcule de la façon suivante :
La retraite proportionnelle de la MSA est une retraite par points acquise par cotisations. Le nombre de points diffère selon le statut. La retraite proportionnelle est ouverte aux :
La retraite proportionnelle se calcule de la façon suivante : il faut multiplier le nombre de points acquis par la valeur du point (4,589 € en 2025), puis par un coefficient égal à 37,5 / Durée d'assurance minimale fixée en fonction de l'année de naissance.
Le total des points acquis est déterminé selon un barème d'acquisition des points retraite en fonction du revenu de l'exploitant et du nombre d'années de cotisations.
Ainsi :
Les non-salariés agricoles qui prennent leur retraite peuvent bénéficier d’une majoration de pension s'ils perçoivent une faible pension agricole. Pour prétendre à cette majoration, il suffit :
Par ailleurs, depuis 2021 un complément différentiel de retraite complémentaire permet de porter la retraite minimale (retraite de base + complémentaire) des exploitants agricoles de 75 % à 85 % du Smic net agricole, soit 1 200,25 € en 2025 à la date d’effet de la retraite. La mesure s’applique à l’ensemble des retraités du régime, quelle que soit la date de liquidation de leur pension et représente une revalorisation.
Des majorations de pension ou de durée d'assurance sont prévues dans les cas suivants :
La retraite complémentaire obligatoire (RCO) a été mise en place en 2003 pour les chefs d'exploitation ou d'entreprise agricole et en 2011 pour les collaborateurs d'exploitation ou d'entreprise agricole et les aides familiaux.
Ce régime obligatoire permet aux chefs d'exploitation et d'entreprise agricole de bénéficier d'une retraite complémentaire constituée de droits gratuits et/ou de droits acquis par cotisations.
Les cotisations de vieillesse sont assises sur les revenus professionnels, elles permettent l’acquisition de points de retraite au taux de 4%.
Le nombre de points RCO est acquis proportionnellement au montant des cotisations versées :
Un dispositif d’attribution de points gratuits a été mis en place pour les chefs d’exploitation à titre principal ou exclusif prenant leur retraite après le 1er janvier 2003 ; ils peuvent bénéficier de 100 points pour les années accomplies avant cette date dans la limite de 37,5 ans déduits du nombre d’années d’affiliation à la RCO.
L’attribution de ces points de retraite est soumise à conditions. L’assuré doit justifier de la durée d’assurance requise tous régimes confondus dont 17,5 années en tant que chef d’exploitation.
Les collaborateurs d’exploitation et les aides familiaux ne peuvent pas bénéficier de ces points gratuits.
Le montant annuel de la retraite complémentaire se calcule de la manière suivante :
La liquidation des droits à la retraite complémentaire intervient à la date de liquidation de la retraite de base ou ultérieurement sur demande expresse de l’assuré. La rente obtenue est versée mensuellement.
En cas de décès consécutif à un accident du travail ou une maladie professionnelle, une rente peut être versée aux conjoints et aux enfants du chef d'exploitation qui, à la date de son décès, cotisait à l’ATEXA.
La loi de financement de la sécurité sociale pour 2023 améliore l’indemnisation des ayants-droits en cas de décès en ouvrant ce droit quelque soit le statut du défunt (chef d’exploitation, collaborateur ou aide familial).
En 2025, elle est égale à :
Depuis 2022, un capital décès peut être servi aux ayants-droits d’un exploitant agricole en cas de décès (maladie, accident de la vie privée…) sous certaines conditions.
Le montant forfaitaire du capital décès s'élève à 3 977 euros à compter du 1er avril 2025.
Depuis le 1er septembre 2023, l'orphelin d'assurés affiliés au régime général peut bénéficier d'une pension d'orphelin en cas de décès, de disparition, ou d'absence, de l'ensemble des personnes avec lesquelles ils entretiennent un lien de filiation. Il s'agit d'une nouveauté introduite par la réforme Borne de 2023.
Elle peut être allouée au titre de chaque assuré décédé, disparu ou absent.
Le montant de la pension d'orphelin dans le régime général s'élève à 54 % de la pension de base dont bénéficiait, ou aurait bénéficié l'assuré décédé, absent, ou disparu. Il ne peut être inférieur à 107,61 € bruts mensuel en 2025.
Si l'assuré décédé n'a pas liquidé sa pension au régime de base, le montant de la pension servant de base au calcul de la pension d'orphelin sera déterminé selon les paramètres applicables à l'assuré décédé si la date de prise de sa pension était identique à celle de la pension d'orphelin. Soit, au moment où est versée la pension d'orphelin.
Si l'assuré décède avant l'âge du taux plein (67 ans), le montant de la pension sera calculé dans les mêmes conditions que la pension qui aurait été allouée au défunt au titre de l'inaptitude au travail, soit sur la base d'une pension à taux plein (50%).
La pension d'orphelin est due :
La réversion de base des salariés agricoles et des exploitants agricoles s’élève à 54 % de la pension principale de retraite que le défunt aurait perçue ou à laquelle il aurait pu prétendre.
Pour en bénéficier, les ayants droit doivent justifier de certaines conditions d'âge et de ressources :
Le régime de retraite complémentaire de la MSA prévoit le versement d’une pension de réversion à hauteur de 54 % de la retraite que percevait ou aurait pu percevoir le conjoint ou ex-conjoint décédé.
La réversion est possible si les conditions suivantes sont satisfaites :
Il n’existe pas de condition de ressource.